Les Compaignons de Braello

Chaque personnage a son histoire...

Moranger de Braello

Né en Décembre 1199, à Braello (Bréal sous Vitré), en limite de la forêt du Pertrum, sur les terres du Baron André  de Vitré et à la limite de celles du Sire Guy de Laval.
Fils ainé du Sapeur, Eumène Boiseur dit « Casse Muraille de Braello » et de Gertrude Goule Fine.
En 1226,  accompagne son père, soldat du Baron André III de Vitré, lorsque ce dernier entame son pèlerinage à St Jacques de Compostelle.

 En retour, « Casse Muraille de Braello » se fait surprendre et attaquer par deux ours en passant les grandes montagnes enneigées au sud de Carcassonne  ; Moranger son fils, sans hésitations, se rue sur la première  bête et la terrasse de trois  coups de fauchon, fait fuir, la seconde bête, juste en la regardant... « L’Ours de Braello »  était né et commença ses faits d’armes.

Début 1239, après la fin des travaux des remparts de la ville de Vitré commandités par le Baron, Moranger apprend et se réjouit du  rapprochement des maisons de Vitré et Laval par le mariage de Philipette, fille aînée et tant aimée du Baron de Vitré avec Guy VII, Sire de Laval ; ainsi Moranger n’aurait plus rien à craindre du coté de la Seigneurie de Laval pour la fille de son baron et en même temps la nouvelle belle  cité de Vitré . 
En septembre de la même année, suite de l’appel du Pape Grégoire IX visant à protéger Jérusalem, Le Conte  Thibaud de Champagne, dit « Thibaud le Posthume », voulant renverser le protectorat de Blanche de Castille, régente pour son fils héritier Louis le neuvième,  emmène, avec pierre Mauclerc, la noblesse française en Palestine « L’Ours de Braello » part pour la Sainte Terre de l'Église Romaine  , lors de la « Croisade des Barons », accompagnant André III de Vitré , vassal de Pierre Mauclerc. 
Moranger revient en Europe en 1241 riche de savoirs faire appris auprès de ses amis turcopoles des alentours d'Alet. 

En 1248,  « L’Ours de Braello » appartenant à l’Host du Baron de Vitré, retourne en terre sainte pour la VII -ème Croisade, celle de Louis IX.
En février 1250, Moranger fait partie des quelques survivants de la Bataille de Mansourah, en Égypte ou son Baron perdit vaillamment la Vie. 
« L’Ours de Braello » repris la nef " bel orient" pour rejoindre la France au mois de Mai et donc vit Pierre Mauclerc mourir de ses blessures, sur le navire au retour avant de débarquer  sur les rives de la mer d'azur.
A la veillée de la St Jean, de la même année, il témoigne, de retour à Vitré, de la rage des combats qui se sont déroulés en Terre Sainte.
Thomasse de la Guerche et de Pouancé, la deuxième épouse d'André III le remercia grassement  d'avoir été là.... jusqu'au dernier souffle de son époux.
La  "Mal'tristesse" accabla Moranger quand  André IV , fils unique et donc héritier de son Baron, mourut en bas âge et  de plus fut absolument dépité quand il apprit que Thomasse de la Guerche  allait épouser son gendre , Guy VII de Laval , veuf de Philippa que Moranger avait servi durant- toute sa jeunesse. De par le fait c'était trop! et ....ce mariage permit à Thomasse de garder ses privilèges et marqua l'extension de la seigneurie de Laval sur celle de Vitré. 
En 1258, Moranger, fatigué de tous ces évènements,  ses voyages et de participation aux massacres, décide de rentrer dans un ordre monastique qu’il garda secret. C'est pour sur un  comble pour un homme qui se vantait d'avoir massacré durant sa jeunesse les bons hommes d'Albi en 1229.  

« L’Ours de Braello », tel dans sa tanière, rentra en très longue hibernation............. on n’entendit plus jamais parler de lui ! ce qui n'était  nullement une grande perte...pour les Bourgeois jaloux de Vitré.

Harold de Beynac

photo ( ELODIE GUIGNARD) 

Harold de Beynac, né en 1203 à Beynac, petit village du comté de Périgord, fils de Jean et Pétronille. Son père Jean qui était meunier fût enrôlé de force dans l'armée de Simon de Montfort pour combattre les bons hommes de la religion réformée. 
Il meurt lors du siège de Toulouse en 1218. A quinze ans, Harold fût très attristé par la mort de son père. Il a, depuis, une haine farouche des hérétiques  qui, selon lui, étaient responsables de la mort de son père. Il a donc, par obligation, dû reprendre l'activité de son père (meunier). L'été 1226, à cause de très faibles récoltes de blé dû à une trop rude sécheresse, le travail manquait. Il décida de laisser son métier à son jeune frère  guillaume, et partit rejoindre l'armée du roi Louis VIII le Lion pour la 2ème croisade contre les hérétiques  (Albigeois ) pendant le siège d'Avignon. Après ce siège qui dura 3 mois, il savoura personnellement cette victoire. L'armée l'amena jusqu'en Auvergne où, le 8 novembre de cette même année, il vit son roi Louis VIII mourir de dysenterie. C'est à ce moment qu'il rencontra
Aymar et vint vivre en Bretagne.

L'Ourson de Braëllo

Thibaud Boiseur, neveu  de L’Ours de Braello, et donc fils de Lancelin Boiseur et de Etiennette Tueboeuf est né en 1227 à Braello.
En  1239, à 12 ans, il devient orphelin et est confié, comme apprenti durant 4 ans , par son oncle Moranger, à un ami nommé « le Borgne »  ayant pour métier « écorcheur de vilaines bêtes ».
En 1243, maniant fort bien le fauchon et l’équarisseur, Thibaud décide d’apprendre le maniement des armes avec son oncle Moranger.En 1245, Il se fait très vite repérer, sur Vitré, pour son habilité au fauchon et se fait appeler « l’Ourson de Braello » en incorporant  les  Compaignons de Braello, au service du Baron.
En 1248 il part avec son oncle et ses compaignons, sous les couleurs du Baron André III de Vitré,  à la 7ème  croisade de St Louis et en revient en 1250 blessé gravement à la gigue en Egypte et malade du « Feu de st Antoine » 
Sa guérison miraculeuse suite au fameux pèlerinage breton « Tro –Breizh » en l'honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier fit beaucoup parler de lui à l’époque.
Reconnu comme valeureux piéton en Terre Sainte, de retour à Vitré, Thomasse de la Guerche, seconde épouse du défunt Baron de Vitré, en remerciement à Moranger pour être resté près de son mari, jusqu’à son trépas, recommande vivement son neveu,  au Baudroyer de Vitré nommé « Maitre Giboin » pour devenir  à nouveau, apprenti. En 1256 il devient ouvrier et 8 ans plus tard, en 1264,  à son propre étal et en vie correctement de la vente de baudriers, ceintures, fourreaux.

Ennoguen 
La ramenteveuse

(photo Max Juillot) 

Ennoguen est née en 1234, alors que dans la région tout le monde parle encore des révoltes de Pierre Mauclerc et de quelques autres face à la régente Blanche de Castille. Elle grandira en entendant ces histoires qui sonnaient presque comme des légendes à ses oreilles. 
 Ennoguen est la sixième fille de sa famille et si elle a rencontré la Mangeaille, c'était d'abord pour lui livrer des provisions de légumes, car nourrir tous ces voyageurs demande un garde-manger correctement fourni ! A l'époque, elle venait souvent avec ses jeunes sœurs. La maladie a touché ses proches, lui prenant certaines d'entre elles. 
 La Mangeaille lui plaisait beaucoup... Mais si elle parvient à l'épouser, ce fut surtout grâce à son talent de conteuse. Ce n'était presque rien, mais à chacun de ses passages, les clients restaient un peu plus longtemps, le temps de consommer un peu plus. Et ça, sa future belle-mère l'avait bien noté et y avait vu un certain potentiel. Ennoguen se fit une place dans cette famille à son plus grand plaisir. 
 A présent, elle tient donc la taverne "Chez la Mangeaille" où l'on accueille ceux qui peuvent s'offrir un gîte et un couvert digne de ce nom. Elle aime être près des tables, à écouter les uns et les autres, et pourquoi pas à l'occasion, raconter à son tour ces histoires. C'est ce goût pour les récits qui lui vaut finalement le surnom de Ramenteveuse, celle qui ramène le souvenir. Tout en surveillant sa fille, elle travaille tranquillement et s'assure que l'ambiance reste celle d'une bonne hospitalité. En repartant, ceux qui ont dormi "Chez la Mangeaille" se promettent souvent de revenir pour la bonne nourriture, le bon lit mais surtout pour cette ambiance chaleureuse.

La Mangeaille

(Photo Max Juillot)

La Mangeaille tient une petite taverne avec sa femme. On surnomme le lieu "Chez la Mangeaille" et là, on accueille les voyageurs et les pélerins de Compostelle directement dans la ville de Vitré. On peut s'y restaurer et y dormir. C'est un endroit respectable qu'il a bâti à partir de l'ancienne maison familiale. Cet enfant de Vitré n'a quasiment connu que cette ville, en dehors des chantiers sur lesquels il aimait suivre son père, bien-entendu.
 Son père, Robert, était un bâtisseur, depuis tout petit, la Mangeaille l'observait manier la croix du bûcheron et d'autres outils. S'il n'a pas poursuivi dans cette voie, c'est un sujet qu'il aime aborder au détour d'une conversation. Comprendre comment les choses fonctionnent lui a toujours paru important. "Chez la Mangeaille", on ne manque jamais une occasion de rapporter quelques trouvailles techniques que ce soit pour bâtir, pour combattre ou pour tout autre chose. 
 En 1248, son père est malheureusement décédé sur un chantier et ce fut avec sa mère, Constance, qu'il décida de transformer la maison familiale pour leur offrir une chance de vivre dignement. Constance a tout donné dans cette taverne pendant quelques années. A présent, elle se trouve toujours au coin du feu, où elle reprise quelques vêtements.

Aliénor 

de Bayeux 

dit 

"La Brodeuse"


 Aliénor ,  la Brodeuse
 ...deux années après le mariage de notre Baron André III de Vitré avec sa première épouse Catherine de Thouars, sœur d'Alix de Bretagne héritière de Bretagne, en 1214 , Aliénor voit le jour.
 Elle est la cadette  de cette nichée composée d'Aliénor, d'Étiennette et d'Anselme le frère ainé.
Son père Jean" l'Aiguille"  était Maistre "Brodeur de fil de soie" à Bayeux et sa mère, Ermeline " la Pieuse"  coud, brode, fait des galons tout en récitant ses prières, égrenant son chapelet réalisé par son Oncle "Malpatté" paternostrier de son métier.
 La jeune Aliénor a une enfance heureuse, dans la maison familiale où elle peut à loisirs apprendre les travaux d’aiguilles avec sa mère et sa jeune tante sous l'œil bienveillant de son père; car on privilégie le métier aux membres de sa famille pour éviter que le savoir faire part à la concurrence ; charitable pour sur!  car bon chrétien! mais .....pas bête non plus! 
 Elle accompagne parfois son père lors de ces déplacements aux marchix  de Vitré tandis qu'aldebert veille sur la famille .
 C’est son frère aîné qui reprendra l’atelier de broderie de son père.
 Très pieuse aussi , elle a d’abord pensé à prendre le voile et rejoindre sa tante qui est devenue bénédictine à l’Abbaye de St Vigor de Cerisy la Forêt.
 Mais lors d’un voyage à Vitré, elle rencontre, Geoffroy, fils de Hildebert le fripier. Bel goule, bel œil et n'hésitant pas à lui témoigner son intérêt certain pour elle en lui envoyant moulte goule bec! 
 Geoffroy la prendra en épousailles et peu de temps après en 1250 sera blessé lors de la VII -ème croisade, d’où son surnom Geoffroy « La folle Patte » décidément les "Malpattés" sont nombreux dans la famille!
 Aliénor assiste son mari à la friperie qu’il dirige depuis la mort de son père, elle répare, coud, vend et prie en silence pour engendrer un fils fort attendu par Geoffroy.
  En l'an de grace 1252, après la mort de l'héritier de la Baronnie,  l'enfant André IV ;  à la Sainte Catherine, patronne des couseurs, que la joie arriva  au foyer de de "la folle patte" .
Un fils, bel enfant et fort en plus,  futur repreneur de la boutique montra le bout de son nez.  Guillaume" le Vif "  apporta joie, avenir et plus tard prospérité  de tous les siens.
Moranger décida de le former à l'usage des armes  dans la milice des « Compaignons de Braëllo » son surnom ...."le vif" ne le fit pas mentir lors de ses nombreuses participations combattantes  miliciennes ! 

Maistre Francois 

dit 

"Francois 

de Salerme"

Est né  en 1195 , fils de l’Epicier Gauthier le Bars et de Pétronille Penc’hoat.
Sa Famille aisée lui fait suivre des études auprès des Chanoines de
la Collégiale Notre Dame.
A l’age de 18 ans , il part rejoindre son Oncle Guillerm ,Maitre de l’Atelier Monétaire de Rennes. 
La période est alors difficile , l’Atelier devant faire face à des commandes simultanées du Roi Philippe et du nouveau Baillistre de Bretagne , Pierre de Dreux. En outre la concurrence des ateliers
Monétaires des Penthièvres fait monter le cours du Metal. 
Il se fait remarquer par l’introduction d’une ingénieuse procédure de 
nettoyage et de conservation des coins monétaires qui ralentit leur usure et réduit les risques de félures. 
Lors d’une beuverie à la fete de la Saint Jean le 24 Juin 1219 , il rencontre dans une taverne le fils d’un riche marchand d’étoffes qui se rend à Salerne pour étudier la Médecine. A la suite d’un pari stupide , il prend la route à ses cotés pour entreprendre ce long voyage. Son Oncle reconnaissant lui procure la finance nécessaire à cette entreprise. 
Il passe quatre années studieuses dans cette Ecole prestigieuse à étudier la Médecine dans le Regimen Sanitatis mais aussi les remèdes et leur confection avec le Practica de Bartholomeus, le Platearius et l’Antidotaire de Nicolas. Il a en outre l’immense privilege d’y rencontrer le célèbre Maitre Chirurgien Roland de Parme. 
Rappelé en Février 1224 au Chevet de son Père , il revient à Vitré ou il reprend l’ échoppe familiale en y ajoutant une boutique d’Apothicaire. 
Il soigne le Prévot de Vitré qui lui obtient alors une entrevue après de Catherine de Thouars , épouse du Baron André, qui souffre de 
flatulences.Celle-ci guérit en 2 semaines grace au sirop à base de vin , de cumin et de Gingembre que Maitre François lui a préconisé. 
Sa renommée grandit alors et il est appelé pour soigner les quintes de toux nocturnes du jeune baron Geoffroy de Fougères , les maux de tete de sa mère Mahaut de Porhoet , la gravelle de Galéran , seigneur d’Amanlis , les hémorroides de Jacques de Chateaugiron et le panaris de Josselin de Montauban , Evèque de Rennes. 
On dit meme que sa Thériaque soignerait le Mal des Ardents , les Ecrouelles et la danse de Saint Guy.  
Il aurait par ailleurs prodigué ses soins à Moranger de Braello , victime d’une parasitose contractée lors de la croisade des barons en lui administrant un purgatif à base d’euphorbe , de coloquinte, de vin , d’absinthe et de réglisse. Il semble que depuis cet évènement malheureux , Moranger ne peut plus ingurgiter aucune potion , sirop ou électuaire médicinaux…et de plus il eu le séant en feu durant deux lunes.....

 Maistre Bardo

" Fèvre de cuivre "

"Membre d'honneur"

Né en pays Hennuyer au village de Fier le Grand, dominique est fils de Thierry et  Martelette tout deux attachés au service du seigneur Jean d'Avesnes. 
Agé d'à peine quatorze ans le père, forgeron de son état place Dominique en apprentissage chez un Maistre annelier bouclier de Val ensiènes. Devenu compagnon il parcours le royaume de France et termine aux portes de Bretagne, en la bonne ville de Fougère où il réalise un chef d'oeuvre qui lui permet d'accéder à la maitrise et d'ouvrir boutique où il réalise bouclerie et fibules. Il se marie avec dame Catherine et  mène une vie tranquille. Plus tard ayant pris apprentis pour le succéder il se retire peu à peu des affaires et se consacre pour sa vieillesse  à une activité de conteur d'histoires et de merveilles glanées ça et là lors de son compagnonnage.

Paul le Potier 

dit 

"P'tites pognes"

Membre d'honneur"

P’ti Paul est le seul fillot vivant  d'une nichée  logée  au bel orient  du vieux-bourg de Vitré en recul  des tertres noirs.
Bruneaude, sa mère, n’arrête point de ramasser et glaner tout au long de l’année pour nourrir les siens et de glander pour engraisser  les deux pourciaux qu’elle à  logé dans leur soue accolée à la masure .C’te mère courage meurt en couche lors de la naissance de Paul à la st Jean de l’an de grâce  1169.  
Son père, Anselme dit « bel œil »  travaille avec la confrérie des bûcherons de la ville, il vend du bois et  du charbon de bois.
Petiot , P’ti Paul le suit  régulièrement en forêt de Pertrum, à la limite de la contrée de la Baronnie d’André III de Vitré et de la Seigneurie des Laval.  
Très rapidement la guilde des Bucherons remarque son aisance pour l’ouvrage  et la maîtrise du  feu  chez les Charbonniers. 
Malgré ses P’tites Pognes, il en abat du boulot, pour sur d’ailleurs Charbonniers et la guilde  le surnomment « p’tite pogne » 
A ses neufs printemps, son oncle, Bernard, cistercien de son état, le recommande vivement à son vieil ami, Pascual Bonne Terre, maistre  Potier pour qu'il devienne son apprenti. Il découvre cet artisanat, il est fort aise et enjoué de démarrer au plus vite…..mais cela ne s’apprend pas « d’un tour de main » comme disent les potiers. 
Il doit commencer par apprendre à préparer les patiaux pour son maître. C'est à dire, pour commencer, aller récolter la terre dans le val de la Visnonia, « la rivière aux eaux de rouille ». Il lui faut ensuite la préparer en éliminant les impuretés par tamisage après l'avoir suffisamment déliée avec de l'eau, puis le résultat doit ensuite être laissé à décanter  de manière à récupérer une barbotine suffisamment épaisse pour être mise à sécher. 
Enfin, il reste un long travail de battage et malaxage pour rendre l'argile homogène et la débarrasser des éventuelles bulles d'air.
Il admire le tournage de son maître avec le  tour à bâton . Ca y est, sous les mains agiles du Maistre apparaissent : alambiques en forme de courge, chantepleures, moultes goules, gourde « crapaud » écuelles, cruches et pots, bougeoirs, lampes à mèches et autres aquamanilles aux armes du baron et même……une horloge à eau qui compte l’heure du lever au coucher du soleil. Grâce aux conseils de « Pascual Bonne Terre » P’tite Pogne  devient suffisamment adroit pour qu'un jour une commande de la confrérie de Saint-Nicolas tombe : toute une série de pots à couvercles destinée à la pharmacie de l'hôspital de Vitré construit sur les terres offertes, ainsi que belles rentes, par André III lui-même. 
Huit hivers plus tard, sous le conseil d’un ami potier normand, ils partent   tous les deux, P’tite Pogne et « le Frêle »  pour rencontrer la confrérie des potiers de Gers et décident d’y séjourner quelques saisons pour parfaire leurs connaissances. 
A la Pâque du quatrième printemps,  de retour en marche de Bretagne, au marché de la Guerche, de « goule à esgourde » il a la tristesse d'apprendre la disparition de son vieux Maistre « Pascual Bonne Terre ». Les belles  céramiques glaçurées au plomb lui auraient provoqué le mal  fatal.
Nulles certitudes sur cette mort pas si naturelle que çà. 
P’tite Pogne ne fit, ni une ni deux, de par le fait, il fondit sur Vitré pour être le repreneur de l’atelier. 
Il fit du bel ouvrage, les commandes pleuvaient, l’argent arrivait donc l’impôt se devait
P’tite Pogne  fit connaissance avec des compaignons de Braello qui payait  pour faire la garde des remparts de notre belle cité de Vitré à sa place.
A l’aube de sa mort, un soir, après une journée de  belle chauffe, pour la cuisson de ses poteries, il regardait la lune en souriant ; son apprenti « le bœuf »  lui demanda pourquoi ?
P’tite pogne répondit : te rends tu compte « le bœuf », s’y cela trouve dans 800 ans, alors que nous on aura déjà servi de terreau à la légume, on retrouvera dans les sols de notre cité, des  belles et vielles poteries qu’auront notre marque, celle de notre baron, ou les trois fauchons des Compaignons de Braello….mais on les aura toutes faites …..c’est t’y pas biau ça « le bœuf » !



Sibyl du Val 


Sibyl du Val naît en 1220 à Vitré, fille du drapier Pierre du Val et d’Alix de Bouère, issue de la famille du Maistre de Grande Cosnier du haut parloir de la seigneurie de Laval. La maison ou elle naquit et fut élevée appartient à cette bourgeoisie vitréenne en plein essor, enrichie par le commerce textile et l’exploitation des bois de la foret de Pertrum près de Mons Loveli en Baronnie de Vitré. De cette double origine, Sibyl hérite tôt le sens des affaires et la familiarité des gestes du travail bien fait. Dès son adolescence, elle accompagne son père sur les marchés de la ville où s’échangeaient toiles de chanvre et de lin et moultes autres marchandises et productions artisanales.

 En 1235, Sibyl épouse Jehan, de 15 ans son aîné, Maîstre-charpentier de son état et donc bourgeois de Vitré. La dote de Sibyl était conséquente, la maitrise d’ouvrage de Jehan reconnue car déjà nommé trois fois « prudhomme » par ses pairs donc ce couple de bourgeois avait tout pour réussir en affaires. De par son expérience familiale, elle soutenait activement les activités de l’atelier bois de son époux : elle gérait les comptes pour la paie des journaliers, négociait les baux de coupe avec l’accord du prévôt  et du Maistre bucheron forestiers et veillait à l’approvisionnement en bois et métaux forgés, permettant à son mari de se concentrer sur la conception et la supervision de grands chantiers urbains. 

Depuis plusieurs années, Vitré connaissait une phase intense de construction et d’aménagement, liée au renforcement de son rôle stratégique, économique et à la croissance de sa population. La ville se dote progressivement de remparts, terminés fin 1239 dont l’édification mobilise les ouvriers des guildes du bois, du fer et de la pierre. Jehan et son joindre Maltrogne dirigent justement une équipe de valets et d’ouvriers et d’apprentis  charpentiers, employée à la mise en place des échafaudages et aux ouvrages de bois nécessaires à l’élévation des courtines. En 1245, alors qu’il supervise des travaux de fortification sur le chantier du Castel  d’André III , Jehan trouve la mort à la suite de sa chute d’un échafaudage sur la tour de la Madeleine. Accident ou mal veillance, jalousie ou malchance ? ce qui la surprend le  plus c’est que personne à vitré a été témoin de l’affaire   allez savoir !

Veuve à 25 ans et sans enfant, Sibyl, épouse du Maistre, conserve l’usufruit d’une part du patrimoine conjugal : une scierie, des baux de coupe et des droits sur l’approvisionnement en bois de construction tandis que Maltrogne, le joindre,  rachète le droit d’ouvrage de son ancien Maistre. Elle continue à s’acquitter des différentes taxes dues à la Baronnie : la « Taille » pour sa protection, chaque 11 novembre la redevance annuelle du « Hauban », les 3 redevances annuelles de la « Coutume » de la Noël, Pâques et la Saint Jean et bien sur en étant bourgeois,  Il fallait financer le « Guet » de la ville fortifiée de Vitré. Sibyl connaissait bien la milice de Vitré les « Compaignons de Braello »  a qui on faisait appel en les payant pour se faire remplacer au guet.

Lors des foires de Vitré, Sibyl ayant le commerce dans le sang, repère les étoffes les plus raffinées : lin blanc, toile de lin damassé, et, à l’occasion, de petites quantités de soie importée de la Flandre, qu’elle réserve pour les habits de cérémonie de sa famille et pour les offrandes à l’église Notre-Dame. En effet elle s’inscrit ainsi pleinement dans la dynamique économique de la ville et savait faire les cadeaux   qui fallait pour ne pas avoir son commerce inquiété par la sainte église apostolique et romaine et surtout ne pas avoir  les dominicains de l’inquisition sur le dos ce qui est mauvais pour les affaires.

Sibyl fait célébrer chaque année une messe commémorative à l’église Notre-Dame de Vitré, en mémoire de Jehan. Pour souligner sa gratitude et sa piété, elle commande à un tisserand local une côte de velours destinée à l’offrande liturgique Cette initiative renforça définitivement la réputation de la famille comme mécène du développement artistique et liturgique de Vitré.

 Elle décida, le lendemain des feux de la Saint Jean de faire le pèlerinage breton « tro breizh » pour avoir la protection des 7 saints bretons……depuis…..on ne l’a jamais revu …..aussi étrange que les circonstances de la disparition de Jehan son époux…. Allez savoir …..



Foulques

 l´Arpenteur

dit 

"La Pige"


Foulques nait en l’an 1229, près du village de Septème au pied des remparts du château du même nom qui garde la frontière du Dauphiné avec le Duché de Savoie.

Fils d’un couple d’aubergistes du village qu’il assiste dans leur labeur quotidien, à l’âge de 10 ans il se passionne pour la construction de la Chapelle Saint Jean Baptiste, que le Seigneur d’Oblas fit construire tout près pour y abriter les reliques du Saint, en réponse à son vœu exaucé de revenir sain et sauf  de la croisade des Barrons. 

A l’âge de 16 ans, accusé (à tort qu’il vous dira !) par le clerc du village d’avoir engrossé sa cousine Rosemonde, Foulques fuit son village natal pour parcourir le sillon rhodanien en direction de la Méditerranée. 

Il échoua alors sur le chantier de reconstruction du château de Montalet surplombant le vallée de la Cèze dans le comté de Toulouse, auquel Arnaud II de Bérard de Montalet, assiégé par le comte de Montfort-L’Amaury, avait mis le feu au siècle précédent.

Il gagna ensuite la côte pour participer à la construction des remparts d’Aigues-Mortes et de la Tour de Constance, chantier ordonné par Louis le Prudhomme pour y établir sa garnison sur ce débouché vers la mer et le Levant. En bon bambocheur, Foulques s’était lié à la fine fleur du port et avait pris l’habitude de terminer ses semaines de chantier en côtoyant les tripots crasseux en honorables compagnies. Après une de ces nuits particulièrement longues et tourmentées, il se réveilla dans le fond de la cale d’un galion comble de la soldatesque en  partance pour le Royaume de Chypre, et se trouva ainsi bien malgré lui intégré à l’Ost du Roi pour la septième croisade !

Foulques, qui est alors piètre bretteur, participe à l’effort de guerre en tant que servant d’engins de sièges côtoyant ainsi les ensgeniors de la croisade au siège de Damiette. En 1250, il s’illustre ensuite à la bataille de Mansourah, durant laquelle il est à l’origine de la construction d’un pont de fortune qui permit aux arbalétriers de l’armée croisée de franchir le Behr al-Saghû, un bras du Nil qui protégeait la ville, et de repousser la cavalerie mamelouk. Durant cette bataille, il rencontra un curieux duo : l’Ours de Braello et son neveu, Thibaud Boiseur, aux couleurs de l’Host du Baron de Vitré, qui l’ont surpris par leur intrépidité face aux charges des Mamelouks. La bataille, qui fut malgré tout un échec cuisant, entraina la déroute de l’armée croisée. 

Non sans avoir pris soin de récupérer une belle épée au pommeau marqué de la croix sur un confrère qui n’en avait plus l’utilité (paix à son âme…), Foulques s’embarqua sur la première nef qui se trouvait en partance pour le duché de Bretagne. Alors qu’elle faisait escale près du golfe du Morbihan à cause d’une tempête, Foulques mis pied à terre et remonta le cours de la rivière des Ducs de Bretagne. Après plusieurs jours de marche, il fut ébloui à la vue du puissant château de Vitré se dressant fièrement sur son plateau de schiste. 

En 1252, il décide alors de s’établir à Vitré et d’offrir ses services à Philippa de Vitré, demi-sœur de Andrée IV, mort un an plus tôt. En tant qu’ouvrier maçon, il devient responsable de l’entretien des défenses de la ville, fortifications et engins de siège, ce qui lui vaut un statut relativement confortable au sein des bourgeois vitréens. En tant que milicien, il porte parfois l’épée de croisade aux côtés pour donner le change, mais ne nous y trompons pas, Foulques y préfère de loin l’arc, les armes d’hast et la dague !

Bertrand 

La Motte

dit 

"L'Imagier"






C'est l histoire d un jouvenceau du pays d'Estraeilles. D'origine modeste, bien né en 1222, d' un père travailleur de la terre en pays d' Estraeilles au lieu dit de la motte de l'ancien seigneur local et d une mère, peu présente car servante et nourrice officielle a la châtellerie. C'te bellâtre est fainéant aux champs, alors en 1232, il est décidé de l'atteler au labeur auprès de son oncle Dit "bel teinte" grand imagier dans le bourg de Vitré pour y apprendre la base de cette communauté de métiers.
 Le jeune homme devient sérieux et se passionne pour ces besogne de tâcheron. Il sera apprenti durant huit années puis ouvrier, ensuite Valet.
 Pour parfaire son art et avant d'avoir ses quatre encoches de "Joindre" sur son bâton,  il est décidé de l'envoyer sur les routes pour qu'il aille à la rencontre d'autres maitres artisans. il sera donc "franc maçon" comme toute personne dont le travail est essentiel sur les gros ouvrages ;  donc il passera les gués, passerelles, ponts sans devoir payer l'octroi en deniers sonnant et trébuchants.
 En 1242, Après moultes périples en France et aussi à Rome, il décide de revenir à Vitré armé de nouvelles competences et savoirs faire
 Ravis de son retour, son oncle vieillissant et "voulant passer la main" le présente au baron qui en fait son imagier de murs au chateau de Vitré.
 Depuis il œuvre en notre beau pays de vitré et doit comme tous bourgeois intégrer la milice ou il fera découvrir aux compaignons l'usage "du pen bazh et du braquemard"!

En 1248 il fera partie de l'host du baron pour traverser la grande mer salée pour....... la croix, la fortune et la gloire d'y avoir participer....malheureusement...pour les siens....il n'en reviendra plus .....car il devient poulain d'orient...mariée à une indigène des abords de  st Jean d'Acre .on le saura. mais bien plus tard et tout le monde le croyait mort en pèlerinage ...mais son engeance réapparaitra à Vitré en 1272...Mais quelle histoire! que celle de l'imagier Bertrand de la Motte!.

Fulup Malpoech

dit 

"Maltrogne"


Je suis né le 27 juillet 1200 à Ploaré en Cornouaille . Mon père Bernard est constructeur de charois et est en commerce avec la baronie du Juch.
En 1215, j'entre au service du baron Alain 1er chevalier banquet portant d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueule. Je suis alors formé au tir à l'arc et à l'arbalestrie. Je navigue en mer d'Ivoire sur  les nefs du baron pour repousser les pirates normands et gascons qui assayent nos pêcheurs. J'ai apri à lire et à écrire. 
Alain 1er ayant rendu hommage à Pierre 1er Mauclerc ,bailli de Bretagne,  je participe à toutes les expéditions au côté de mon baron.Le 13 mai 1222, je suis à la bataille de Châteaubriand ou les archers bretons écrasent les chevaliers français commandés par Amaury de Craon. Je participe ensuite à la rude campagne dans le pays de Léon. A l'été 1227, je suis blessé lors d'un affrontement avec les anglais devant la pointe saint Mathieu, au cours duquel la nef transportant les coffres de l'évêque de Quimper est prise. 
En 1231, le baron rejoint l'ost anglo-breton lors du siège de Vitré  .Hervé 2 du juch succède à son père en 1239 et je continue à le servir en tant que maître archer. Il prend le commandement du contingent breton lors de la 7ème croisade au côté de Pierre Mauclerc en 1247. Batailles de Damiette et Mansoura sont de terribles épreuves. En 1250, je réussi à rentrer en France avec Hervé 2 sur lanef ramenant la dépouille de Pierre Mauclerc. L'as des guerres et nanti d'une coquette sommes en récompense des services, en 1253, me m'installe à Vitré comme armateur  ayant fait l'acquisition de 2 nefs, la non pareille et la merveilleuse amarrées dans le port de Saint Malo.

Adinia Malpoech

dit 

"Pincette"


Mélissa 

dit 

"La Pesse"


Gaelle 

dit 

"La Plume"


Lucas 

dit 

"Lubin"


Martin

dit 

"Le Pêcheur "


Marie


"l'Herboriste "


Alix 

 

"La Fileresse "